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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 05:57



Voici un texte qui va faire réfléchir les imprudents:

                      " UNE MAISON EFFROYABLEMENT DEVASTEE
                                 par la foudre à Malo-les-Bains
                         par M. FESQUET, Membre Honoraire

    Le 24 novembre 1904, vers neuf heures du soir un orage d'une violence extraordinaire s'est abattu sur Dunkerque et Malo-les-Bains. La première décharge électrique a frappé une maison isolée située aux extrémités de Malo, et habitée, depuis quelques jours seulement, par le capitaine Clavèle. Les dégâts ont été effroyables; une forte cartouche de dynamite n'aurait certainement pas produit une pareille dévastation et le plus extraordinaire, c'est que les cinq personnes, qui se trouvaient dans la maison, s'en sont tirées sans une égratignure: M Clavèle, sa femme, sa fille aînée et sa belle-soeur étaient à table; aveuglés par un éclair éblouissant, ils sont revenus à eux quelques instants après et se sont trouvés sous la table, recouverts de débris de toutes sortes,mais leurs sièges n'ont pas été déplacés. Leur plus jeune fille, qui dormait dans un coin de la salle sur un fauteuil n'a rien ressenti; bien plus, elle ne s'est pas réveillée. Mme Clavèle a été entièrement décoiffée; ses cheveux ont été légèrement roussis et on n'a pu retrouver dans les décombres aucune épingles en acier qui retenaient sa coiffure: seuls deux peignes en celluloïd ont été retrouvés à quelques mètres, l'un d'un côté l'autre d'un autre avec quelques dents cassées. Une lampe à colonne qui se trouvait sur la table y est restée, mais éteinte et décapitée. De gros clous en fer plantés dans le mur en ont été arrachés, tordus et en partie volatilisés. La foudre après avoir démoli la cheminée du pignon était arrivée, par cette cheminée, au rez-de-chaussée dans le salon. Celui-ci est séparé de la salle à manger où la famille se trouvait réunie, par une large porte à deux battants. La décharge passe par les ressorts d'un canapé placé entre la cheminée et la fenêtre et y met le feu; elle saute du canapé à la chaîne de rideau de bois qui ferme une grande baie de façade et provoque alors entre ce rideau et les fenêtres vitrées une explosion formidable qui démolit une partie du soubassement de la vitrine, projette la persienne à trente mètres dans les dunes et les vitres à l'intérieur en fragments minuscules qui vont cribler la porte de la salle à manger; cette porte est arrachée et tombe sur les convives évanouis. Un battant résiste, s'ouvre et vient ainsi protéger l'enfant endormi. Pendant cette explosion la foudre suit la chaîne en fer de bas en haut, et gagne à l'extérieur la nochère en zinc qui est volatilisée sur toute la partie traversée par le courant, et va enfin se perdre dans le sable. au premier étage,au-dessus du salon, la chambre n'est pas épargnée, le plancher, près de la fenêtre, est comme broyé; de vitres, il n'en existe plus trace sauf quelques débris lancés à l'intérieur dans tous les sens; l'armoire à glace entièrement disloquée et son fronton enlevé a encore sa glace intacte. Le rideau de la fenêtre est entièrement effiloché mais ne présente aucune trace de combustion; le calorifère est déplacé, son couvercle enlevé et l'on retrouve dans le poêle une tirelire d'enfant qui était placée sur la tablette du foyer. Sur cette tablette se trouvait un réveil matin qui a été déplacé, mais ne s'est pas arrêté et un bougeoir en porcelaine décorée qui a été brisé mais dont les morceaux sont restés en place. Enfin les murs sont lézardés de toutes parts et la maison complètement ébranlée menaçant de ruines, doit être entièrement abattue.

 

    J'attribue ces effroyables dégâts à ce que la pluie n'a commencé à tomber que bien longtemps après ce premier coup de foudre; les murs et le sable étant très secs n'ont présenté qu'une très faible conductibilté au passage de la décharge dont le chemin a été tracé par les objets métalliques de la maison. De violentes étincelles ont éclaté d'un de ces objets à l'autre, et s'il n'y a qu'un canapé incendié, c'est que l'emménagement de M. Clavèle n'étant pas terminé, la plupart des tentures n'étaient pas encore placées.

   Une deuxième branche de décharge ayant trouvé un chemin presque entièrement métallique n'a causé que peu de dommages; elle a suivi la gouttière et est descendue par la nochère de la façade arrière où l'on constate son passage en maints endroits, a sauté sur le toit en zinc de la cuisine, puis sur la cheminée qu'elle a démolie en partie, a fondu le tuyau de tôle du fourneau dont les rivets sont enlevés et est allé trouver, en perçant deux trous dans le plancher de la cuisine, le tuyau en plomb de la citerne. Dans la cour se trouvent deux pompes accolées, l'une pour la citerne l'autre pour un puits d'eau salée; la décharge ainsi bifurquée en deux branches d'intensités inégales, les parois cimentées de la citerne isolant son eau de la terre. Il s'est alors produit un phénomène que je crois très rare: explosion du puits et de la citerne dont les dalles ont été enlevées. Celle du puits pesant environ quatre-vingts kilogrammes a même été mise en pièces. Y a-t-il eu volatilisation de l'eau? Je crois plutôt  qu'il y a eu formation d'un mélange détonant d'oxygène et d'hydrogène et explosion de ce mélange. Les tuyaux en plomb n'ont pas autrement souffert du passage de la décharge, leur section étant assez forte.

   Y a-t-il eu foudre globulaire? Je n'ai pu étudier par aucun témoignage précis; cependant un témoin qui se trouvait à une centaine de mètres de la maison foudroyée assure avoit vu une boule de feu s'abattre sur la maison, mais ni M. Clavèle, ni aucun membre de sa famille n'ont vu passer cette boule dans la salle où ils se trouvaient.

   Tous les conducteurs électriques aériens de Dunkerque et Malo-les-Bains ont été influencés par cette gigantesque décharge: les tramways ont été instantanément arrêtés, les parafoudres du fil du trolley ayant fonctionné; aux divers postes de transformateurs servant à l'éclairage le fil primaire a été mis à la terre par suite du fonctionnement de l'automatique et un grand nombre de téléphones ont eu des avaries. En revanche pas le moindre accident de personne. "

Il est mentionné ensuite que cette note fut lue lors de la séance du 3 décembre 1904 et fut publiée dans le Bulletin de la Société astronomique de France.

SOYEZ DONC PRUDENTS EN CAS D'ORAGE !!!

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Published by Jocelyne et Lysiane Denière - dans HISTOIRE DUNKERQUE
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